Tout le monde parle de nutrition. Beaucoup épluchent les revues, sites web et blogues à la recherche DU truc nutritionnel qui pourrait améliorer leur alimentation, leur poids, leur silhouette et même, pourquoi pas, guérir leur maladie.

À cette époque où l’information sur le sujet est plus accessible que jamais, je vous compile ici 5 « erreurs » que je rencontre couramment.

  1. Prendre pour du cash n’importe quelle nouvelle nutritionnelle

Tapez n’importe quoi sur Google, vous obtiendrez des milliers de résultats. Idem pour la nutrition. Les bleuets qui guérissent le cancer ? Pourquoi pas. Bannir le jus d’orange concentré pour prévenir la cellulite ? Évidemment. Soyez critique. Vérifiez les sources. Et attention ! Ce n’est pas parce qu’on a un diplôme universitaire ou qu’on se nomme « docteur » (à ne pas confondre avec médecin) qu’on dit vrai. Recherchez des articles fiables, écrits par des professionnels qui ont une formation reconnue. Pas 2 ou 3 séminaires dans le grand Nord à faire une cure de jus, de grâce…

2. Devenir végé sans s’informer

On entend (heureusement) de plus en plus parler de l’importance, autant sur le plan de la santé humaine qu’environnementale, de réduire son apport en viandes au profit des protéines végétales. J’approuve (comme si ça changeait quelque chose :P). Toutefois, il n’est pas rare qu’un novice coupe la viande et la remplace par…rien. Le végétarisme, lorsque bien planifié, est à mon humble avis un des modes d’alimentation les plus optimaux qui soit. En revanche, une alimentation végétarienne mal équilibrée peu s’avérer franchement désastreuse sur le plan nutritionnel (carences de toutes sortes, fatigue chronique, perte de poids non souhaitée, etc). En somme, investir une rencontre avec un(e) nutritionniste pour bien comprendre comment adapter son alimentation végétarienne serait vraiment un investissement intelligent !

 

3. Regarder exclusivement le nombre de calories sur l’étiquette nutritionnelle

L’étiquette nutritionnelle peut réellement vous aider à orienter vos choix à l’épicerie. Encore faut-il savoir comment la lire (bonne chance !) Trop nombreux sont ceux qui tranchent s’ils achèteront ou non un tel produit à la seule lecture du contenu en calories de l’aliment « analysé ». Les calories ne fournissent qu’une seule indication : la teneur énergétique de l’aliment. Point. Pas sa qualité et surtout pas son pouvoir satiétogène (quoi !? lisez la satiété enfin expliquée, partie 1). À calories égales, 2 produits peuvent être vraiment différents. En clinique, je pousse même l’audace jusqu’à enrayer la ligne « calorie » lorsque j’enseigne la lecture des étiquettes. Oui oui ! À mon sens à moi, ça ne veut pas dire grand-chose… D’autant plus qu’on ne sait même pas combien on en a besoin dans une journée !

4- Carburer aux produits légers

Notre alimentation contient trop de gras, de sel et de sucres, certes. Mais il n’est pas vrai que les produits légers (ci faible en gras ou encore sans sucre ajouté) sont toujours un bon choix. En fait, ils donnent l’illusion de faire un choix sensé, mais c’est rarement le cas. Prenons l’exemple des yogourts. Vous pouvez maintenant choisir des yogourts à 35 kcal/100 g qui ne renferment aucun gras et aucun sucre (sucré artificiellement)…c’est insensé. Un yogourt est censé contenir une certaine quantité de gras et être seuls les yogourts nature devraient être sans sucre. À mon avis, manger de tels produits, qui sont de plus en plus éloignés du produit d’origine, ce n’est vraiment pas ÇA, bien manger. Sachez également que généralement, un produit faible en gras contiendra plus de sucre et oud sel et l’inverse aussi. Donc on perd en gras, mais on gagne en sucre. Pas le but, non ?

Enfin, les produits légers entrainent parfois une surconsommation du produit (« C’est léger, donc on peut en manger plus ! »). Encore une fois, pas un choix gagnant.

5-Voir les nutriments plutôt que l’aliment

Dernier point que j’ai gardé pour la fin. Mangez-vous des omégas-3 ou du poisson ? Des « bons gras » ou des avocats ? Des antioxydants ou des canneberges? Avoir de l’information précise sur le contenu de notre assiette, c’est chouette, mais ne perdons pas de vue les aliments dans leur globalité plutôt que de tout analyser. La ligne peut être mince entre vouloir bien manger et devenir obsessif dans ses analyses nutritionnelles. À l’ère des plans alimentaires indiquant les quantités de glucides, protéines, lipides qu’on devrait manger, facile de ne voir que des molécules dans l’assiette au lieu des aliments, simplement. J’ai remarqué  ceci : les gens qui parlent en terme de nutriments et molécules sont souvent passablement préoccupées (quasi-obsédées) par leur alimentation et ne retirent plus beaucoup de plaisir de manger. Manger n’est pas une science.

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