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Doit-on tout calculer pour bien performer en course à pied?

J’ai été étonnée de constater que ma meilleure performance lors d’un 21 kilomètres de course est également celui qui s’est déroulé dans les pires conditions. Début octobre, -5 degrés, retard de plus d’une heure sur le départ puisqu’il y a trop de brouillard et l’attente se fait à l’extérieur sous un chapiteau. Résultat : en plus d’être congelée, mon «plan nutritionnel» n’est plus autant efficace étant donné le délai. Je me rappelle d’ailleurs avoir eu faim pendant le trajet. Croyez-le ou non, j’ai battu mon meilleurs temps de plus de 8 minutes!

Ce que je désire vous parler aujourd’hui, c’est mon opinion quant à l’énergie et la minutie qu’on doit avoir en tant que sportif d’endurance vis-à-vis le contenu de notre assiette. Bien entendu, il y a des aliments à éviter avant une activité sportive, et d’autres à prioriser à la suite de celle-ci. Qui dit performance, dit planification et oui, peut dire précision. On veut assez de glucides (au moins 50%!) pour avoir un maximum d’énergie, peut-être même 70% les jours précédant un évènement. On veut également beaucoup d’eau, parce que la déshydratation nuit à la performance, c’est prouvé t’sais. Les fibres et le gras, tant qu’à eux, sont à éviter avant un effort prolongé, car ce n’est pas le temps d’avoir des inconforts intestinaux ou des reflux gastriques!

PAR CONTRE, il vous est peut-être déjà arrivé d’être invité pour un souper la veille d’un entrainement, ou vous n’avez pas pu contrôler ce qui se trouvait dans vos assiettes. Peut-être avez-vous été surpris d’avoir tout de même eu une belle performance le lendemain matin?

Pour avoir couru plusieurs demi-marathons et avec l’exemple dont je vous ai donné, on va se le dire; c’est plus entre nos deux oreilles que la game se joue. À noter ici que ne suis pas du tout une athlète élite mais je le fais plutôt par plaisir, donc je m’adresse en grande partie à monsieur-madame tout le monde.

Ainsi, je crois fortement qu’on doit absolument être dans un état de bien être psychologique, non seulement le jour de l’activité physique en question, mais lors de nos entrainements. Selon moi, ce n’est pas en calculant tout ce qu’on mange au gramme près et en s’interdisant plusieurs aliments qu’on crée ce bien être, bien au contraire! Cela ne s’arrête pas non plus au fameux samedi soir, ce seul et unique moment où on se permet de «tricher». Ces moments de plaisirs doivent être spontanés, positifs, et ne doivent pas être compensés. C’est cliché, mais la modération à bien meilleur goût…

En tant que professionnelle, il est de mon devoir lors de mon évaluation nutritionnelle, de cibler les enjeux de mon client, afin de juger de la pertinence de la justesse de mes conseils. Parfois (mais pas tout le temps!), la notion de troubles du comportement alimentaires et de sport peuvent être liés et dans ce cas les conseils doivent être modifiés de sorte à ce qu’ils ne contribuent pas à cette problématique.

Voici quelques situations qui pourraient sous-entendre une relation problématique entre le sport et la nourriture :

-Vous prévoyez une plus longue course, ou vous dépensez volontairement plus de calories la journée dont vous avez un souper plus copieux de planifié

-Votre pesée matinale influence la distance ou la durée de votre exercice physique

-Vous vous offrez une récompense alimentaire chaque fois que vous accomplissez un nouvel exploit sportif

-Vous croyez profondément que vous êtes (ou serez) plus performant lors de l’atteinte d’un poids précis

-Vous êtes angoissés si vous devez déroger de votre plan alimentaire

-Vous vous entrainez même lorsque vous êtes énormément fatigués ou encore que vous êtes blessés

Sur ce, bonne course!

Rédigé par Geneviève P. Brien, DtP

Nutritionniste chez Nutri Sans Chichi

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Courir pour “brûler” les calories de surplus…WHATTT?!!

Aujourd’hui la nutritionniste idéaliste en moi décide de confronter une publication ayant eu 30 000 «j’aime» et 62 000 partages.

Beaucoup plus de gens souffrent d’un trouble alimentaire qu’on le croit. En un sens, cette publication encourage les comportements compensatoires. Les quoi? Oui, plusieurs personnes, suite à un «excès» (qu’il soit réel ou pas) vont aller courir de sorte à compenser ce qu’ils ont ingéré. D’autres ne mangent plus pendant des heures pour «compenser» ce surplus de calories.

Sans nécessairement souffrir d’un trouble alimentaire, « allo » le sentiment de culpabilité généré chez beaucoup de gens qui ont consommé des aliments plaisir sans être allés courir après! Bien joué… comme si on devait aller courir notre vie chaque fois qu’on fait plaisir à nos papilles gustatives de sorte à ce qu’on se sente mieux dans son corps… Et on nous fait croire que c’est pour la santé (soupir…).

Ce qui est également choquant de cette publication, c’est que tous les aliments présentés sont des aliments que la population générale qualifie de mauvais. Oui, il y a des aliments de meilleure qualité nutritionnelle que d’autres, j’en conviens. Il y a tout de même un principe de base à retenir: si je m’écoute et que je respecte mes signaux de faim et satiété, alors mon corps (et surtout ma tête!!) maintiendra son harmonie. Ce n’est pas vrai qu’on aura envie uniquement d’aliments transformés…notre corps connaît ses besoins. Pas besoin de se fier uniquement à notre tête et tous les principes diététiques entendus pour « bien manger ». Il y a une grande partie « naturelle » dans ce processus ancré en nous depuis des siècles!

Permettez-moi un petit bémol. Trop «bien» manger ne rime pas avec minceur assurée. Un smoothie avocat-triple blanc d’œuf-yogourt grec-banane-chia-kale-jus d’acai et tout le tralala peut facilement atteindre 700 calories (et la course qui vient avec si on veut le voir ainsi). Consommé juste parce que c’est santé et que c’est in peut tout aussi bien représenter un excès. (À ce sujet, jetez un coup d’œil à l’article : 5 faux pas nutritionnels courants). Il faut se rappeler qu’une calorie fournit de l’énergie à notre corps et est nécessaire à son bon fonctionnement. Il est totalement absurde de soutenir que chaque calorie ingérée doive être « brûlée ».

Bref, revenons à notre image choc qui en a fait réagir plus d’un. Je suis consciente que n’affecte pas tout le monde. Par contre, sur le million et quelque de gens qui suivent la personne qui a partagé ces images, ça a dû en blesser des centaines et ça ancre encore une fois le principe de culpabilité alimentaire qui peut avoir des conséquences désastreuses sur la santé mentale…et même physique.

Écrit par Geneviève P. Brien et Stéphanie Thibault

Nutritionnistes chez Nutri Sans Chichi

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J’ai honte de manger en public. Je suis grosse.

« J’ai honte de manger en public Je suis grosse.Et les grosses, on analyse le contenu de ce qu’elles

ingurgitent, toujours avec une petite arrière pensée en tête.

Si je prends une salade, pas nécessairement parce que je me sens obligée, simplement parce que j’en ai envie, j’entends les autres penser tout haut : “Bah, c’est ça, me semble qu’elle mange de la salade, elle, pour être de même. ”

 

Si je choisis un repas moins nutritif, voire carrément junk, ben là, tu n’imagines pas à quel point on me juge. Des lames de couteau dans les yeux des autres clients du resto, je te dis. « Ben oui, c’est ça, continue de manger ma cochonne, comme si t’en avais besoin ! »

 

Je ne sais plus ce que je peux manger en public sans jugement. Comme s’il n’y avait pas de choix neutre. Un sandwich, pain multigrains, ça irait ? Ah non, c’est vrai, les féculents ne sont pas faits pour celles qui ont du poids à perdre. Pis en plus, ça contient du gluten. Je ne suis pas certaine de ce que c’est, mais je sais qu’il faut se tenir loin de ça. La fille du gym, la toute petite, l’a dit.

 

Je suis fatiguée d’être gênée de mon poids, de ma personne. J’aimerais me mettre au sport, mais si tu savais comme je redoute le regard des autres au gym, si tu pouvais comprendre. Parce qu’on dira ce qu’on voudra, tant que tu n’as pas été grosse, tu ne peux pas savoir. J’ai pensé au jogging, pas besoin d’aller au gym. Mais j’imagine déjà on gros derrière que les automobilistes verront se dandiner, avec moi, toute suante et haletante…non merci. Je vais me passer de cette source de jugement supplémentaire.

 

J’ai honte à chaque fois que j’entends parler de « l’épidémie d’obésité », honte parce que j’en fais partie. Je me sens impuissante devant cette montagne de kilos que je traine depuis…mon dieu… depuis si longtemps. Ma mère me les a légués je crois, on est tous ronds chez nous. Même les hommes. Mais ça, ça a l’air que c’est moins pire. Je ne suis pas en train de m’apitoyer sur le sort de mon hérédité, détrompes-toi !! Je sais que si on est gros, c’est de notre faute. Mange moins, bouge plus. Paraît que c’est simple de même. »

Tu sais, je reconnais ta souffrance et même si je n’ai pas souffert de problèmes de poids, le jugement des gens sur le poids, je connais bien. Plusieurs personnes se sentent comme toi et tu sais quoi, des personnes de tous les poids. Oui, oui, plusieurs se sentent surveillées par rapport à ce qu’elles mangent ou ne mangent pas…tu n’es pas la seule à te sentir ainsi. Je ne dis pas cela pour diminuer ta souffrance, mais bien pour te rassurer sur ce fait : tu n’es pas seule.

Tu as raison d’être fatiguée de tous ces jugements, de tous ces stratagèmes à mettre en place simplement pour manger en public…ce n’est pas normal. Ce n’est pas toi qui n’est pas normal, c’est cette relation malsaine avec la nourriture et, si je peux me permettre, avec ton image que tu entretiens qui méritent d’être améliorés. Fais-toi ce cadeau.

J’ai souvent entendu dire qu’on pouvait décider de « se foutre » (pardonne le ton familier) de l’opinion des autres, mais je t’avoue y croire moyennement. Je suis plutôt de celles qui croient qu’avec un long travail sur soi, on peut arriver à mettre de côté ces jugements ou ce que l’on peut interpréter comme tels. Des commentaires gratuits, il risque d’en avoir encore. Mais on peut travailler sur la façon dont ceux-ci nous atteignent. À ne pas confondre avec le « je m’en foutisme », ne t’inquiète pas !

Je suis de ton avis quand tu mentionnes qu’à croire le discours populaire, perdre du poids se résumerait aussi bêtement qu’à manger moins et bouger plus. Mais on le sait, c’est plus complexe que cela… Plusieurs facteurs influencent le poids d’une personne, et plusieurs facteurs influencent la santé d’une personne. Dont le poids. Mais il s’agit d’UN facteur parmi tant d’autres et je crois que nous perdons de vue cette notion, ma foi, tellement, importante.

En terminant, j’aimerais te dire quelque chose qui, j’espère, ne te vexera pas. Je crois que tu as raison quand tu mentionnes que certaines personnes jugent le contenu de l’assiette des autres. C’est la triste réalité, alimentée (sans mauvais jeu de mots) par cette ère d’ultra-informations nutritionnelles. Mais as-tu remarqué que les gens qui scrutent les autres sont souvent celles qui entretiennent justement un rapport moins sain avec leur propre alimentation ? En d’autres termes, si tu es bien avec ton assiette, pourquoi irais-tu vérifier celle des autres ? Assez inutile, merci !! Alors j’ose soulever le fait que peut-être toi aussi portes-tu un jugement négatif à l’égard de ce que tu ingurgites ? Sur ton propre poids ? Y aurait-il matière à réflexion ?

Tout le monde a le droit de manger des aliments variés, peu importe leur apparence physique. Point.

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La désinformation en nutrition…quel casse-tête!

Cela fait un bon moment que nous avions envie d’écrire sur le sujet. Mais il s’agit d’un sujet qui comporte tellement de ramifications et qui, on l’avoue, nous tient tellement à cœur (trop?) que nous repoussions le moment de l’affronter. Today is the day!

La désinformation en nutrition, c’est-à-dire toute la bouillie d’infos contradictoires qui circulent sur le net, dans les livres grand public d’auteurs peu crédibles, de notre 3e voisin qui s’est miraculeusement guéri du cancer par une plante, etc. Colossal n’est-ce-pas? Et, à notre humble avis, certainement l’une des causes majeures des problématiques de poids et de troubles alimentaires.

Voici pourquoi, en 5 points :

1) Nous sommes naturellement attirés vers les personnes de belle apparence ou les témoignages touchants qui nous ramènent à nous

Des comédiens (on répète : COMÉDIENS) qui ont trouvé le St-Graal alimentaire? LA façon de repousser la maladie et de mincir? Désolée, mais non. Parce que premièrement, il n’y a pas UNE réponse unique et deuxièmement, la formule de l’un n’est pas applicable à tous.

Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’une personne accomplit des exploits sportifs, qu’elle a une apparence physique dont vous rêvez et qu’elle est populaire qu’elle puisse donner des conseils nutritionnels à la population. Vous inspirez à mieux vous alimenter? Tant mieux! Mais de grâce, restons-en là.

2) Tous les lecteurs n’ont pas reçu une formation universitaire scientifique

Et quand on voit à quel débit les « études » sur des sujets aussi sérieux que l’autisme, le cancer, l’obésité et autres circulent, ça devient un problème d’envergure. Maintenant, n’importe qui peut faire des recherches dans les moteurs de recherche scientifiques (du type Pub Med) et tirer des conclusions sans, malheureusement, avoir le bagage de connaissances pour le faire. UNE étude ne veut rien dire.

Il y a certainement une étude qui stipule que les personnes qui se lèvent à 5h le matin et qui prennent un café double crème ont des meilleurs résultats en maths. Un non-sens, n’est-ce pas?! Alors les études prises de manière isolée/ réalisées sur un petit nombre de personnes/ servant les intérêts d’un groupe NE SONT PAS des bonnes sources. Malheureusement, des journaux avec pourtant une solide réputation font quotidiennement référence à de telles études. Pour faire réagir la population? Possiblement.

Avant d’émettre des nouvelles recommandations, plusieurs experts dans le domaine doivent compiler des dizaines, voire des centaines d’études qui vont dans le même sens et en vérifier la validité. On répète : UNE étude, surtout lorsqu’elle est servie au grand public, ne doit pas vous faire sauter aux conclusions.

3) On aime se faire confirmer nos propres opinions personnelles.

Vous trouvez étrange que les adultes « soient les seuls mammifères à boire du lait d’un autre mammifère »? (phrase de l’heure). Eh bien parions qu’à chaque fois que vous lirez un article qui met en garde la population contre le lait de vache et ce, PEU IMPORTE LA VALIDITÉ SCIENTIFIQUE DE CELUI-CI, vous le publierez sur votre fil d’actualité avec un petit commentaire du genre « Je le savais! ». C’est normal, l’humain aime avoir raison. L’intuition n’est malheureusement pas une science et le biais du lecteur est une entrave à la crédibilité de l’information vulgarisée. Ce qui veut dire que les « études » lues sur un site pro-quelques chose ou anti-autre chose ne sont peut-être pas réellement crédibles, qu’en dites-vous?

4) Certaines sources d’informations ont pourtant l’air teeeellllleeemment santé…

Certains magasins ou épiceries sont qualifiés «santé». Toutefois, ce n’est pas parce qu’un magasin vend des produits naturels, biologiques, et santé que tout ce qu’on y retrouve est adéquat et approprié pour vous.

Par exemple, malgré sa belle réputation, une épicerie peut encourager l’industrie de la minceur en encourageant la consommation de produits pouvant avoir des effets secondaires, non seulement sur le plan physiologique, mais sur le plan psychologique. Un exemple? Lorsqu’une de ces boutiques ose offrir gratuitement un coupe-faim (à l’achat d’un certain montant), vous croirez que le produit est sain et que c’est naturel de l’utiliser (histoire vraie, survenue l’an dernier!!).

C’est d’inciter les gens à se questionner sur leur apparence, d’encourager une perte de poids non naturelle et viable et de nuire à la relation qu’ils ont avec leur propre corps en interférant à leurs signaux de faim et satiété. Lorsque nous stipulions d’entrée de jeu que la désinformation encourage les problématiques du poids et des troubles alimentaires….

5) On ne sait plus où donner de la tête…

Finalement, avec toutes ces infos qui circulent, comment trier le vrai du faux? Ce qui s’applique à nous ou pas? Il est normal de prendre un peu de tout ce qui passe quand nous naviguons dans une bouillie d’informations qui se contredit et qui change aux décennies. Le beurre ou la margarine? L’oeuf, on peut en manger ou pas?? Souvent, rien n’est noir ou blanc. Repérez des sources crédibles qui ont fait le travail d’analyse de la crédibilité scientifique pour nous (merci à eux) et tenez-vous à jour.

Ah oui!! Un point 6!

6) La nutrition, c’est passionnant! Et tout le monde mange!!

Donneriez-vous un conseil en réadaptation physique? Probablement pas, à moins que vous ayez vous-mêmes eu recours à un professionnel en réadaptation physique. Pourtant, Pierre- Jean-Jacques ne se gêne pas pour donner leur opinion sur la nutrition…pourquoi? Parce que tout le monde mange! Donc on a chacun une expérience. Et c’est bien!! Mais rappelons-nous que l’expérience n’est pas une science.

À ce sujet, nous nous permettons de vous mettre en garde envers différentes personnes qui s’auto-clament « professionnels » de la nutrition en ayant suivi une formation NON RECONNUE sur le plan scientifique. Eh oui, vous avez pleins d’exemples en tête et nous aussi. Malgré toute la bonne volonté de vouloir vous aider à atteindre vos objectifs, il faut garder en tête que ce n’est pas parce qu’une personne a suivi quelques cours (parfois en ligne!) ici et là sur la nutrition qu’elle devienne une référence en la matière. Souvent, ces personnes vous aideront à perdre du poids mais vous le reprendrez pour la simple et bonne raison que les changements proposés seront drastiques, non compatibles avec votre vraie nature et tout simplement insupportables à long terme.

Voici des exemples de sites web intéressants et crédibles en matière de nutrition générale :

En conclusion, soyez vigilants non seulement à ce que vous entendez ou ce que vous lisez, mais faites attention aux informations que vous pouvez propager sans le vouloir. Ne vous laissez pas avoir par une publicité attrayante et prenez le temps des lire les petites lignes. Prenez un recul vis-à-vis la panoplie de conseils alimentaires et écoutez votre corps, celui qui est le mieux placé pour répondre à certains de vos questionnements.

Rédigé par Stéphanie Thibault, DtP et Geneviève P.Brien, DtP

Nutri Sans Chichi

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Mars: le mois de la nutrition!

Nous sommes à la mi-mars, c’est-à-dire au milieu du mois de la nutrition. Si vous ne le savez pas déjà, le thème de cette année lancé par Les Diététistes du Canada est le suivant : Relevez le défi des 100 repas – faites de petits changements, un repas à la fois.

 

J’approuve à 100% ce thème et il me rend fière d’être nutritionniste. Il ne sous-entend pas de classification de ce qui est bon et de ce qui est mauvais, pas d’aliments interdits, ni de solution miracle ou encore de chiffre à atteindre. Peu importe d’où vous partez et de quoi se compose votre alimentation actuelle, on vous invite à faire des petits changements, un pas à la fois. La bonne nouvelle est que ce sera positif pour tout le monde, et chacun d’entre vous serez gagnants selon les objectifs dont vous vous serez fixés. N’oubliez pas que, ces objectifs, ils ne regardent que vous-même. Pas de compétition entre amis ou collègues s’il vous plait!

 

La réalité dans laquelle nous vivons nous offre beaucoup d’informations facilement accessibles. Besoin de savoir le nom du 4e président Américain? La plupart d’entre vous sortirez votre téléphone intelligent de votre poche pour y trouver la réponse. Bon, peut-être que celle-ci ne sera pas juste et véritable, mais vous serez satisfaits car vous aurez une réponse immédiatement. C’est une opinion personnelle, mais c’est comme si nous étions de plus en plus pressés, que nous voulons obtenir ce que nous voulons en deux temps, trois mouvements. Puis, entre vous et moi, le moins d’efforts cela prendra, le mieux ça sera. En ce qui concerne l’apparence physique ou le poids, les gens ont un malin désir de vouloir atteindre leurs résultats avant-hier.

 

À ce sujet, ma mère m’a souvent répété : prends ton temps, ça va aller plus vite! Assurément, elle avait raison puisque je pense souvent à elle lorsque je veux faire quelque chose trop rapidement et que je finis par le regretter. Saviez-vous qu’un seul changement requiert au moins 21 jours d’adaptation? Ainsi, pour éviter l’échec, prenez votre temps et ne vous fixez qu’un ou deux objectifs à la fois. Sachez que plus votre défi est grand, moins vous avez de chances de réussir. En d’autres termes, plus vous changez votre alimentation drastiquement, plus il deviendra impossible de «tenir» à long terme. Songeriez-vous réellement à courir un marathon sans même avoir couru un 5 ou un 10 km, puis un demi-marathon? Bien sûr que non!

 

Voici quelques conseils afin d’augmenter vos chances de réussir.

 

-Ne faites pas de négation lors du choix de vos objectifs, tel je ne mangerai pas ceci, ni cela ou je ne ferai pas telle chose. Encouragez plutôt les comportements positifs.

 

-Acceptez la journée qui sera plus difficile sans vous mettre de poids sur les épaules (et par le fait même sur la balance). Rares sont les gens qui ont du succès au premier coup!

 

-Rendez l’accomplissement de vos objectifs agréable

 

-Songez à une petite récompense (non alimentaire bien sûr!)

 

-Procurez-vous une nouvelle bouteille d’eau ou un panier de fruit par exemple, dont vous aimerez la couleur et serez tentés de le laisser à portée de vue

 

-Rendez l’heure des repas agréable via les chandelles ou de la musique de votre goût. À l’opposé, éteignez la télévision et laissez votre téléphone cellulaire de côté

 

-Vous voulez diminuer la grosseur vos portions? Diminuez plutôt celle de vos assiettes!

 

Pour terminer, je vous lance un petit défi, ou plutôt un conseil d’ami. Soyez vigilants quant aux conseils alimentaires discutés sur les réseaux sociaux par des gens célèbres ou ayant une silhouette qui vous parait idéale, parce que ces informations ne sont pas nécessairement fiables et véridiques. Détoxifiez-vous plutôt en diminuant votre fréquence de consultation de ces pages, ça vous laissera le temps de profiter du beau temps qui approche à grands pas!!

 

Pour plus d’informations, visitez le site des Diététistes du Canada

 

 

Rédigé par Geneviève P.Brien, Nutritionniste chez Nutri sans Chichi

 

Crédit photo: Site Plaisir laitiers
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Comment inculquer une saine relation avec les aliments aux tout-petits?

Article rédigé pour le blogue de l’ANEB

« Mange au moins la moitié de ta viande, c’est bon pour la santé »

« Tu manges encore ! Tu manges plus que moi ! »

« Termine ton assiette sinon pas de dessert ! »

On a tous déjà entendu ces phrases là, non ?! Quand on est parent, on veut équiper notre enfant du mieux qu’on peut afin de lui éviter des problèmes de santé ou une mauvaise relation avec son corps, c’est normal. Toutefois, de nombreux messages qu’on envoie aux tout-petits peuvent être interprétés de manière plus ou moins constructive et peuvent malheureusement avoir l’effet contraire de l’effet escompté.

Par exemple, le classique « Termine ton assiette sinon pas de dessert » n’encourage pas l’enfant à respecter ses signaux de faim et de satiété. Et croyez-moi, les enfants sont des experts en la matière ! Ils savent très bien jauger leur degré d’appétit et cesser de manger quand ils en ont eu suffisamment.

Le petit boude le repas mais veut toujours le dessert ? Se pourrait-il que les repas ne correspondent pas à ses goûts ? Par exemple, si votre enfant n’apprécie pas les brocolis, avez-vous essayé de les gratiner ?

On présente souvent aux enfants les aliments que nous, en tant que parent, aimons et de la manière dont nous les aimons, mais nous oublions que notre enfant a ses propres goûts et est dans une période de découvertes et de craintes par rapports aux nouveaux aliments ! Craintes ? Tout à fait ! Les petits passent tous par une période de néophobie alimentaire, c’est-à-dire la peur des nouveaux aliments. Les exposer graduellement aux aliments en variant les présentation et en n’insistant pas outre-mesure leur permet de se sentir en confiance et, ultimement, ils risqueront peut-être d’y goûter. Patience !

 

« Mange au moins la moitié de ta viande, c’est bon pour la santé »

Le fait de rationaliser l’assiette, par exemple en disant « mange ceci, c’est bon pour la santé » peut être une astuce intéressante, mais il faut faire attention de ne pas l’utiliser trop souvent. Pourquoi ? Car le fait de valoriser un aliment pour ses propriétés nutritionnelles plutôt que pour le plaisir qu’on a à le cuisiner et à le savourer dénature en quelque sorte l’acte de manger. Après tout, on mange des aliments, pas des nutriments ! Il est reconnu que les personnes qui ont un rapport conflictuel avec leur alimentation ou leur poids ont justement tendance à voir leur repas comme des grammes de glucides+protéines+ tralala plutôt que comme un repas délicieux… Aider votre enfant à découvrir l’aliment d’une autre façon que purement nutritionnelle, c’est l’encourager à avoir une meilleure relation avec sa nourriture.

Expliquez-lui comment poussent les légumes, par exemple et d’où ils viennent. Amenez-le avec vous au supermarché et faites-le choisir un légume qu’il trouve bizarre (bonjour le topinambour, le daïkon et l’aubergine !) et trouvez une recette pour le cuisiner ensemble….plaisir assuré !

« Tu manges encore ! Tu manges plus que moi ! »

Finalement, essayez de ne pas porter de jugement sur la quantité de nourriture que mange votre enfant. Je sais, ce n’est pas toujours évident, mais le fait de s’abstenir de commentaire va encore une fois avoir un impact positif sur sa relation avec les aliments et son corps. Chaque enfant a des besoins énergétiques différents et ces besoins fluctuent d’un jour à l’autre, d’une période à une autre. Par exemple, votre mini qui mange plus que vous un soir peut très bien se contenter d’un morceau de fruit au déjeuner le lendemain et c’est normal. Vous-même connaissez certainement des périodes de faim importante et des périodes où l’appétit est moins présente.

Comment faire?

Lire la suite ici!

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L’alimentation et le sommeil: comparables?

Et bien non, il ne s’agit pas ici d’un texte sur les meilleurs aliments à manger afin de bien s’endormir, mais je vous conseille fortement de poursuivre la lecture.

Sujets de discussion tendance quotidiens entre amis ou collègues: «les aliments à calorie négative» ou encore «les meilleurs aliments pour la perte de poids». Entre ces deux sujets, les personnes échangent sur leurs propres expériences : «essaie ça tu vas voir, ça m’a fait perdre 10 lbs en 1 mois!». Ces propos, mêmes s’ils sont parfois dits avec bonne foi, viennent perturber notre petite harmonie corporelle, qui nous est tous propre et unique.

Les gens cherchent des éléments externes – des aliments miracles par exemple, lorsqu’au fond, la réponse se trouve, à l’intérieur d’eux-mêmes. Oui, bien sûr, il y a des aliments d’excellente qualité nutritionnelle et des aliments de moins bonne qualité, mais ça, beaucoup de gens le savent déjà….

En toute transparence, laissez-moi vous expliquer le contexte dans lequel j’ai écrit ce texte.

C’était un dimanche soir d’une grosse fin de semaine vécue au temps des fêtes. Ma soirée mouvementée de la veille s’était terminée vers 1 heure du matin, j’avais donc dormi 5 heures; nombre beaucoup trop insuffisant pour ma petite personne. Donc, avec toutes mes bonnes intentions de vouloir débuter la semaine en forme, je me suis couchée vers 20h30 ce fameux dimanche. Est-ce que j’étais fatiguée? Pas vraiment; mais c’était la bonne chose à faire; rattraper les heures perdues. J’ai tourné en rond pendant plusieurs heures avant de m’endormir….

Voilà ce qui peut se produire, lorsqu’on écoute sa tête au lieu de son corps! Vous-vous reconnaissez? Voyez-vous où je veux en venir par rapport à l’alimentation?

L’apport alimentaire et le sommeil sont deux phénomènes que notre corps vit quotidiennement. Ainsi, aussi simple que soit-il, voici quelques mises en situations qui, je l’espère, vous faciliteront à réaliser tout cela.

Situation # 1

Vous avez peu et mal dormi les derniers jours. Résultat : vous vous surprenez à vous endormir à votre bureau, ou quelques minutes après avoir ouvert la télé. Par ailleurs, on vous a fait la remarque que vous étiez moins de bonne humeur qu’à votre habitude; vous vous sentez effectivement plus susceptibles. Ouf, vous êtes en manque de sommeil vous dites-vous : en fait, votre corps vous le dit.

Si vous faites le choix d’ignorer votre besoin de sommeil, parce que vous êtes trop occupés, cela vous rattrapera. Vous manquerez peut-être un repas de famille la semaine suivante car vous aurez accumulé jusqu’à épuisement. Soirée de plaisir sera remplacée par un repos forcé; vous serez étonnés (le seriez-vous?) d’avoir dormis 14 heures de suite. Apparaissent ensuite les «j’aurais donc dû me reposer…»

Morale de l’histoire : écoutez votre corps (surprise!)

Si vous avez réellement faim (consultez l’article Comment reconnaitre la vraie faim), vous devez manger. Si vous combattez cette faim, vous êtes à risque d’irritabilité, de fatigue, de saute d’humeur, etc. Ces effets secondaires nuiront assurément à votre qualité de vie. Vous aurez tôt ou tard besoin de manger; cela pourrait (avec raison) mener à un excès. Peut-être pourriez-vous bien gérer un excès de sommeil, mais qu’en est-il de l’excès alimentaire?

Situation # 2

Vous connaissez probablement une personne qui déborde d’énergie en ne dormant que 6 heures. À l’opposé, une autre ferait le tour du cadran à chaque nuit si elle le pouvait. À noter que ces deux personnes sont fort probablement en très bonne santé.

Exemple super simple et court qui démontre que chacun de vous est unique et vos besoins sont différents. Vous connaissez probablement quelqu’un qui consomme de grosses portions et qui demeure de petite taille tandis qu’une autre prend du poids juste par le fait de voir un morceau gâteau sur le comptoir.

Voilà pourquoi il est inutile de comparer le contenu de votre boite à lunch ou votre apport alimentaire avec votre collègue, même si vous croyez que vos besoins sont similaires. Cela peut être nocif à long terme quant à la relation que vous avez avec la nourriture. Soyez plus vigilants; ce qui a fonctionné pour vous ne fonctionnera peut-être pas pour une autre personne et vous pourriez lui avoir donné de faux espoirs.

Situation # 3

Je termine avec un message pour les gens qui comptent les calories.

Vous vous connaissez bien, vous savez qu’en général vous avec besoin de 8 heures de sommeil par jour. Faites-vous absolument tout en votre pouvoir pour dormir exactement 8 heures par jour?

Il vous est sans doute arrivé dans votre vie de dormir 10h mais d’avoir tout de même la sensation que vous manquez de sommeil… Ceci se traduit par le fait suivant : il est tout à fait normal qu’une journée vous mangez plus, simplement parce que vous avez plus faim et vous devez absolument apprendre à accepter cette situation.

Qui sait, peut-être que la nuit suivante vous ne dormirez que 7 heures et vous vous sentirez en pleine forme le lendemain matin. Dans le même ordre d’idée, vous aurez peut légèrement moins mangés sans pour autant ressentir la faim.

Si vous avez «trop» dormis la nuit dernière, allez-vous vous contenter de 5h de sommeil la nuit suivante?

Je rencontre souvent des gens qui consomment les aliments associés à leurs besoins énergétiques (à la calorie et au gramme de protéines près), sans même reconnaitre s’ils ont faim ou non car ils sont trop préoccupés par les chiffres dictés par leur application mobile… Si c’est votre cas, je vous invite à prendre un pas de recul et j’espère que les scénarios précédents vous ont aidés à comprendre pourquoi.

Contrôlez-vous à la fois votre sommeil et votre appétit? N’hésitez pas à nous consulter si ces situations sont toutes les deux problématiques.

Bon appétit et bonne nuit!

Rédigé par Geneviève P. Brien, Dt. P. Nutritionniste chez Nutri Sans Chichi

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Les fameuses résolutions…

En 2015, la résolution la plus populaire fut la perte de poids[1]. Cela va-t-il se répéter cette année? Force est d’admettre que oui, sans doute…

Comment faire autrement lorsque «les meilleurs trucs pour perdre les kilos accumulés en trop lors du temps des fêtes» abondent sur les réseaux sociaux, ou dans les revues? Triste message de culpabilité ici, un peu trop négatif pour débuter l’année non? Après tant de moments de joie…

Qu’est-ce qu’une résolution au juste?

Mon ami le Larousse mentionne qu’une résolution est un acte par lequel, après réflexion, on décide volontairement d’accomplir quelque chose. Il n’y a pas de moments de l’année, de la semaine, ou heures de la journée pour entreprendre changer une habitude, qu’elle soit alimentaire ou non. Et puis, avec la folie de janvier, avez-vous réellement l’énergie et le temps d’y réfléchir? Pour nous aider, on trouve même sur internet «le top 10 des résolutions les plus inspirantes»… ouf.

Le bonheur de la période des fêtes et l’excitation de célébrer avec vos proches ont peut-être légèrement interféré avec l’écoute de vos signaux de faim et de satiété. Il est donc fort possible que vous ayez mangé plus qu’à votre habitude. De plus, les repas sont plus copieux, plus nombreux et diffèrent de vos habitudes alimentaires habituelles. Résultat : bien des gens auront l’impression d’avoir beaucoup (trop) mangé et donc beaucoup (trop) de poids à perdre en ce fameux 1er janvier. Malheureusement, la plupart des résolutions concernant la perte de poids prise en début d’année sont vouées à l’échec, car les objectifs fixés ne sont pas nécessairement réfléchis, réalistes et/ou atteignables. Ils sont pris dans le tourments des Fêtes, entre deux bouchées coupables.

En reprenant votre routine habituelle, naturellement, vous vous sentirez mieux. Votre corps est une petite machine extraordinaire qui saura bien faire le travail lui-même, alors faites-lui confiance. Vous aurez probablement moins faim les prochains jours et votre corps sera satisfait après une quantité de nourriture moindre. Vous serez par la suite plus aptes à faire des choix éclairés pour améliorer votre santé. Soucieux d’établir un plan de match? Lisez « Cette année, je me mets en forme » pour connaître les étapes à inclure à votre plan.

Voilà pourquoi, pour le moment, je vous conseille de laisser tomber les résolutions typiques, plutôt négatives, et inspirez vos proches à faire de même. Lors de votre retour au travail, je vous mets au défi de changer l’expression «quelle est ta résolution?» par «Quel sera ton moment à toi?». C’est beaucoup plus intéressant, positif et rassembleur.

Par exemple, «mon moment à moi sera d’aller au spa une fois à toutes les saisons, parce que ça me détend, ça fera du bien à ma tête et à mon corps et parce que c’est ce que je désire»

Puisque vous avez beaucoup plus de chance de succès avec quelque chose qui vous fait plaisir, vous pourrez garder un souvenir de ce moment pour ensuite le partager avec vos proches lors du temps des fêtes l’année prochaine. Ce fera sans doutes de beaux échanges.

Bonne année et bon «moments» à tous.

 

Écrit par Geneviève P.Brien, Dt.P Nutri Sans Chichi

[1] Journal of Clinical Psychology de l’Université Scranton

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Cher Père Noël…(lettre de Léa, 10 ans)

Cher Père Noël,

Cette année, je n’ai pas envie de recevoir de cadeau. J’ai quelque chose à te demander, mais je suis un peu gênée. J’aimerais perdre des livres. Pas des livres qu’on lit, des livres de gras. J’ai entendu maman dire à papa la de semaine dernière qu’elle ne voulait pas que je devienne comme elle, qu’elle serait trop triste que je me fasse écoeurer à l’école parce que j’étais plus grosse que les autres filles. Honnêtement Père Noël, moi je n’avais pas remarqué que j’étais comme ça, mais dans le fond c’est vrai que j’ai une bedaine et que Marie-Pier et Juliette, mes deux amies n’en ont pas. Mais je me trouve jolie moi et en plus je cours très vite.

Papa a dit à maman que j’allais perdre mon gras de bébé, mais je ne suis plus un bébé ! Je ne comprends pas ce qu’il voulait dire… Maman a commencé à me faire monter sur la balance qu’il y a à côté de la douche et à noter mon poids dans un cahier ; « mon cahier de santé », comme elle l’appelle.   L’autre jour j’avais perdu 2 livres et elle était vraiment contente !! Elle m’a dit qu’elle était fière de moi et j’étais fière moi aussi !!! J’aime tellement ça quand elle est heureuse maman, elle rit et joue plus avec moi !

J’aimerais ça perdre d’autres livres pour que maman soit fière de moi, mais je trouve ça très difficile. Le professeur d’éduc nous a dit qu’il fallait faire au moins 30 minutes de sport par jour mais moi j’aime vraiment plus lire des romans. Et il faut aussi manger beaucoup de fruits et de légumes et pas beaucoup de cochonneries, mais c’est si bon les cochonneries ! Avant, Samuel et moi, on avait deux biscuits après le souper mais depuis que maman écrit dans mon cahier de santé, je n’ai presque jamais de biscuit. Samuel lui il a le droit plus souvent que moi parce qu’il ne mange pas beaucoup et qu’il est petit comme un clou. Moi je mange des compotes et des yogourts maintenant après le souper et je trouve ça plate. Je sais que c’est pour mon bien mais je trouve ça pas juste…

Père Noël, j’ai un secret à te dire, mais il faut que tu me promettes de ne pas le dire à papa et maman. L’autre jour pendant que maman faisait le lavage, j’ai caché des biscuits dans ma chambre. Je les ai mangé vite vite pour que personne ne me voit ! J’en ai mangé….5 ! 5 biscuits ! C’était si bon ! Mais après j’avais le ventre plus gonflé et j’avais un peu mal au cœur. J’espère que maman ne va pas s’en rendre compte sur la balance… l’autre jour matante a dit que les desserts ça allait directement dans les fesses…ça me fait un peu peur.

Je ne sais plus quoi faire pour continuer à manger des desserts et que maman soit fière de moi aussi. Père Noël, tout ça me fait beaucoup de peine. Peux-tu m’aider stp ?

Léa xxx

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“Wow! T’as ben maigri!” Ou pourquoi les remarques sur le poids n’ont pas leur place…

Vous savez comme moi que tout le monde parle de poids. Quand un membre de votre entourage est en processus de perte de poids, vous avez envie de l’encourager et c’est normal ! Vous aimez peut-être aussi qu’on vous fasse ce compliment…car dans notre société, la perte de poids est devenu un compliment.

Mais que se passe-t-il quand vous ne perdez plus de poids ? Pire : quand vous en prenez ? Car vous le savez, plusieurs personnes qui perdent du poids le reprennent…(je me sens péteuse de bulle, mais c’est la triste réalité).

Les commentaires sur le poids des gens n’aident pas à la perte de poids, du moins pas une perte de poids saine. Au contraire, vous seriez surpris de la pression qu’un simple commentaire sur l’apparence peut avoir chez une personne plus sensible au regard des autres. Et entre nous, on l’est tous au moins un peu.

 

Pourquoi les commentaires sur le poids peuvent être si néfastes ?

Le fait de savoir que l’entourage nous scrute (car c’est souvent l’impression qu’ont ceux qui essaient de contrôler leur poids) et penser qu’on nous estime proportionnellement au nombre de livres perdues peut devenir très pernicieux et source d’angoisse. On comprend pourquoi.

« Qu’arrivera-t-il si je ne perds plus autant de poids ? »

« Si je reprends du poids, seront-ils déçus ? Ils vont en tout cas me trouver moins hot… »

Le fait d’obtenir soudainement de l’attention sur son apparence physique sera rapidement traduit comme suit :

« Ouin…je n’ai jamais eu autant d’attention qu’en ce moment…et c’est uniquement en raison de ma perte de poids. Coudonc, est-ce la seule chose que je fais d’admirable ? Et ma personnalité dans tout ça ?! »

Le poids, ça ne démontre pas qui on est. Et que je ne vous entende par penser que ça démontre de la volonté ou de la détermination, de grâce. On sait combien la gestion du poids est multifactorielle et peut avoir d’importantes composantes psychologiques…beaucoup plus qu’une simple histoire de calories et d’activité physique !

C’est un peu tiré par les cheveux, non ?

 

Imaginons que vous allez dans une soirée où vous verrez des gens que vous n’avez pas vus depuis quelque temps. Et que la dernière fois, ils avaient souligné, tout sourire, votre « belle perte de poids ». Mais maintenant, vous avez repris quelques livres. Comment vous sentez-vous ? Il y a des chances que vous soyez stressé de revoir ces personnes, craignant qu’elles jugent, ou simplement qu’elles CONSTATENT que vous avez repris du poids. Comme s’ils seraient témoins de votre “échec” .

Alors vous pensez à comment vous pourriez soit dissimuler cette prise de poids ou carrément comment éviter ces deux personnes

L’idée de ne pas aller à cette soirée vous a même effleuré l’esprit, car vous vous dites que si elles avaient remarqué votre perte de poids, elles vont certainement remarquer votre reprise de poids. La honte. On parle d’isolement là, ce n’est pas banal !

En effet, de nombreuses personnes en prise de poids évitent d’aller à des soirées où elles devront être bien habillées car elles ressentent trop de honte à se montrer en public. C’est à mon avis vraiment triste.

Si aucun commentaire n’avait été formulé au départ sur le poids, il n’y aurait pas cette pression. Certes, vous me direz, la personne elle-même pourrait ressentir de la gêne de « s’afficher en public » avec ces kilos de plus, mais elle n’aurait pas la conviction que tous le remarqueront avec elle. C’est plus supportable.

Oui, mais moi, j’aime quand on me félicite, ça me motive !

Ça vous motive et c’est normal. L’idée, c’est de trouver des motivations internes (je me sens mieux, je ne suis plus ballonné, j’ai plus d’énergie) que de se fier à des motivations externes, telles que les félicitations d’autrui. Et dites-vous bien qu’en acceptant des remarques sur votre poids, c’est d’accepter les commentaires sur votre apparence physique et, pourquoi pas, sur votre façon de vous alimenter. Ça deviendra agaçant à la longue !

 

Voilà ce que je vous propose…

 

Axez vos commentaires sur des aspects de la personnalité de la personne. Ou sur des aspects physiques « neutres » tel que le sourire, les yeux, les cheveux… Je les appelle les atouts neutres en ce sens qu’ils ne peuvent pas grossir ou maigrir. Mais ils valent tout autant !

« Wow, quelle énergie ! Tu rayonnes » a beaucoup plus de poids, à mon avis, que « Wow, t’as ben maigri ! ». Qu’en dites-vous?