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Retrouver son corps après la grossesse : ça presse!

On l’a assez dit et constaté : la pression envers les femmes à avoir le corps idéal (mince, un peu musclé mais pas trop, gros seins, fesses rebondies, ouf) est assez forte. On va jusqu’à viser les femmes enceintes, du début de la grossesse (lire article ici) jusqu’à quelques semaines après l’accouchement. Vous avez probablement remarqué cette tendance sur les réseaux sociaux, le «avant-après» accouchement, ou certaines affichent fièrement le nombre de temps nécessaire pour avoir «retrouvé» leur shape. Les femmes qui perdent du poids rapidement cumulent les mentions « j’aime » et sont citées en exemple.

Sans parler des publications choc pour « Retrouver son corps »… Mais…son corps, on ne l’a pas perdu, il est bien là, mais différent.

Tout d’abord, toutes celles qui ont accouché connaissent les montagnes russes émotionnelles suivant cette période. Oui on aime bébé, on l’adore, mais c’est parfois difficile. S’imposer de la pression à perdre du poids, en plus? Ce n’est pas s’aider.

« Oui mais ça va m’aider à me sentir plus belle ». Effectivement! C’est bien vrai qu’on s’est déjà sentie plus « femme » que 2 semaine en post-partum (tape virtuelle sur l’épaule). MAIS…déjà que la perte de poids est difficile en conditions gagnantes, tu ne crois pas que d’attendre que la routine avec bébé soit mieux établie consiste en un meilleur moment? On jase là.

 

Le cas de l’entrainement

Ce qui est vraiment génial de nos jours, c’est la multitude de services offerts pour sortir les mamans de chez elles en post-partum! Non seulement on peut jaser couches et cernes avec d’autres aussi pire que nous, mais souvent on peut bouger un peu sans avoir peur du jugement. Par contre, certaines femmes en font trop, et s’entraînent plus que jamais pour perdre un maximum de poids avant, par exemple, le retour au travail. Armées de leur montre intelligente qui calcule la moindre calorie dépensée, elles tiennent un agenda de ministre côté entraînement, par obligation. Mais attention : on ne s’adresse pas à celles qui ont du fun! Celles-là, c’est super! Mais certaines croient qu’elles n’ont “pas le choix” de perdre, et vite, le petit mou de ventre témoignant de leur grossesse. C’est direct et plate, mais la petite partie du ventre «flasque» ne partira peut-être pas : ça vient avec le fait d’avoir fondé une famille.

Alors l’entraînement, oui, mais pour le fun et le social de mamans!

 

Celles qui allaitent dans tout ça?

Il est important de se rappeler qu’une restriction énergétique trop importante chez une maman qui allaite peut nuire à sa production de lait. L’apport énergétique nécessaire chez la femme qui donne le sein est d’ailleurs considérablement plus élevé. On a faim et il faut manger!

Malheureusement, on entend parfois même que l’allaitement est le meilleur moyen de perdre son poids de grossesse… l’allaitement comme seul objectif d’agir comme une pilule miracle : c’est triste.

Que penser de celles qui perdent du poids naturellement sans se restreindre?

Il faut noter que ce n’est pas parce qu’une nouvelle maman retrouve son poids d’avant grossesse rapidement que c’est intentionnel ou qu’elle se restreint. Chaque femme est différente, a un métabolisme différent, une composante héréditaire différente et le poids de chacune ne constitue pas automatiquement le cumulatif de ses « efforts ». Oui, oui, dans ce cas, il est normal d’envier ces « chanceuses ». 😉

Il y a un « problème » quand il y a détresse. Ce qui est généralement le cas quand plusieurs actions (voire le quotidien) sont faites dans l’unique but de perdre du poids : entraînement intense, privation calorique, gestion de la nourriture, culpabilité d’avoir mangé… etc. Certaines femmes peuvent développer une préoccupation excessive par rapport au poids et/ou à la nourriture, voir un trouble du comportement alimentaire : dans ce cas, il est pertinent de consulter une nutritionniste et/ou un psychologue.

 

Pour terminer, rappelons que les commentaires par rapport au poids ne sont JAMAIS pertinents. Avant, pendant, ou après bébé 😉

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mommyrexie: une situation doublement inquiétante

La grossesse…certainement la période où le corps de la femme vit le plus de changement en si peu de temps! Certaines futures mamans se sentent resplendissantes, même sexy, et seraient enceintes toute leur vie! D’autres, moins chanceuses, n’apprécient guère ces 9 mois où elles se sentent devenir « baleine » et ont très hâte de mettre bébé au monde afin de retrouver leur taille. L’important, dit-on, est de faire de notre mieux pour rester en santé (physique et mentale) et d’essayer, au mieux, de profiter de ces 9 mois qui sont, après tout, le passage obligé vers la venue d’un petit miracle sur Terre .

Passons aux choses sérieuses. Sérieusement tristes et inquiétantes en fait. Le phénomène de « mommyrexie »; en avez-vous déjà entendu parler? Oui, c’est bien la combinaison de “maman” et “anorexie” (ouf, juste de l’écrire ça sonne bizarre).

Que font les « mommyrexiques » au juste?

  1. Elles s’imposent une restriction calorique afin de contrôler volontairement le gain pondéral
  2. Elles visent à ce que ledit gain de poids soit le plus petit possible de sorte à demeurer dans les “standards” de minceur.

En gros, on vise un gain de poids uniquement au niveau de la bedaine, nulle part ailleurs! Sur une photo de dos, ça ne doit surtout pas paraître. Mais hop on se retourne et c’est là qu’on peut y voir une minuscule bedaine, sous une couche d’abdominaux bien tonifiés, bien sûr. Comble de tout, que lit-on comme descriptif de la photo de la belle maman en tenue sportive?

« 37e semaine!!! »

Malheureusement, plusieurs personnes « aiment » ces photos et leur demande leur recette miracle! Ouf!

Les clés du soi-disant succès sont : la pratique d’activité sportive intensive dans le but de faire penser la balance énergétique vers le bas ainsi que la restriction calorique. Rappelons que ces critères se retrouvent également dans la liste diagnostique des troubles alimentaires… Une maladie mentale. On ne niaise pas avec cela et ça ne devrait certainement pas être cool.

Gagner du poids de manière très superflue, lorsqu’on est enceinte, est assurément un non-sens. On ne parle pas ici des premiers mois où la nausée l’emporte sur l’appétit, mais plutôt du corps de la femme sur le point d’accoucher. Le gain pondéral est nécessaire et fondamental pour le bien-être et la santé de maman et bébé. Plus la grossesse avance, plus le gain de poids doit augmenter. C’est normal et souhaitable.

 

« J’ai peur de la prise de poids! »

Prendre plusieurs kilos en 9 mois, ça peut faire peur. Mais attention! Il ne s’agit pas que de gras corporel! En fait, le gain de poids comprend : le foetus lui-même, l’utérus (qui doit obligatoirement grossir), le liquide amniotique, le placenta, l’augmentation du volume sanguin pour nourrir bébé, le développement des seins pour prévoir l’allaitement, et, oui, du gras. Vous en aurez besoin pour faire face aux nuits blanches 9 mois plus tard.

D’ailleurs, plus l’indice de masse corporelle d’une femme avant la grossesse est faible, plus le gain pondéral doit être important…Tristement, c’est dans cette catégorie de poids l’on observe majoritairement ce phénomène.

Ahhh les réseaux sociaux…

Les réseaux sociaux sont encore une fois à pointer du doigt dans l’émergence de ce phénomène. Déjà que plusieurs personnes se posent devant leur miroir, quasi-déshydratées, en petite tenue, pour témoigner de leur forme physique, maintenant certaines femmes enceintes le font. C’est inquiétant. Ça menace carrément la santé de bébé. Être active durant la grossesse est souhaitable, mais ce n’est pas le temps de faire les Crossfit Games…Ni de prendre des shakes douteux. Le fait « d’aimer » ces photos n’aide aucunement la maman, qui croit que c’est une bien bonne chose…

« Ma sœur, enceinte, ne prends pas beaucoup de poids…est-elle mommyrexique?! »

Pour terminer, il est important de discuter de ces exceptions à la règle, puisqu’il y en a toujours. Il existe des femmes franchement inquiètes par un gain pondéral qualifié d’insuffisant, celles-ci ayant bon appétit et une très bonne relation avec la nourriture. D’autres ont toujours été actives et ont, heureusement pour elles, assez d’énergie pour continuer à bouger lors de leur grossesse parce que ça leur fait du bien. Ainsi, il importe de ne pas juger quelqu’un uniquement par son poids, sa prise ou sa perte de poids, car cela ne reflète en aucun cas sa relation avec son corps et la nourriture. C’est ÇA, la diversité corporelle.

  1. NB. Pour les femmes ou l’image corporelle est déjà un enjeu ou ayant souffert d’un trouble du comportement alimentaire, la grossesse peut être source énorme d’angoisse et faire ressortir les vieux démons. Dans ces contextes, et surtout, afin d’éviter la rechute du trouble, un suivi en nutrition et/ou en psychologie s’avère plus que pertinent.

 

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Doit-on tout calculer pour bien performer en course à pied?

J’ai été étonnée de constater que ma meilleure performance lors d’un 21 kilomètres de course est également celui qui s’est déroulé dans les pires conditions. Début octobre, -5 degrés, retard de plus d’une heure sur le départ puisqu’il y a trop de brouillard et l’attente se fait à l’extérieur sous un chapiteau. Résultat : en plus d’être congelée, mon «plan nutritionnel» n’est plus autant efficace étant donné le délai. Je me rappelle d’ailleurs avoir eu faim pendant le trajet. Croyez-le ou non, j’ai battu mon meilleurs temps de plus de 8 minutes!

Ce que je désire vous parler aujourd’hui, c’est mon opinion quant à l’énergie et la minutie qu’on doit avoir en tant que sportif d’endurance vis-à-vis le contenu de notre assiette. Bien entendu, il y a des aliments à éviter avant une activité sportive, et d’autres à prioriser à la suite de celle-ci. Qui dit performance, dit planification et oui, peut dire précision. On veut assez de glucides (au moins 50%!) pour avoir un maximum d’énergie, peut-être même 70% les jours précédant un évènement. On veut également beaucoup d’eau, parce que la déshydratation nuit à la performance, c’est prouvé t’sais. Les fibres et le gras, tant qu’à eux, sont à éviter avant un effort prolongé, car ce n’est pas le temps d’avoir des inconforts intestinaux ou des reflux gastriques!

PAR CONTRE, il vous est peut-être déjà arrivé d’être invité pour un souper la veille d’un entrainement, ou vous n’avez pas pu contrôler ce qui se trouvait dans vos assiettes. Peut-être avez-vous été surpris d’avoir tout de même eu une belle performance le lendemain matin?

Pour avoir couru plusieurs demi-marathons et avec l’exemple dont je vous ai donné, on va se le dire; c’est plus entre nos deux oreilles que la game se joue. À noter ici que ne suis pas du tout une athlète élite mais je le fais plutôt par plaisir, donc je m’adresse en grande partie à monsieur-madame tout le monde.

Ainsi, je crois fortement qu’on doit absolument être dans un état de bien être psychologique, non seulement le jour de l’activité physique en question, mais lors de nos entrainements. Selon moi, ce n’est pas en calculant tout ce qu’on mange au gramme près et en s’interdisant plusieurs aliments qu’on crée ce bien être, bien au contraire! Cela ne s’arrête pas non plus au fameux samedi soir, ce seul et unique moment où on se permet de «tricher». Ces moments de plaisirs doivent être spontanés, positifs, et ne doivent pas être compensés. C’est cliché, mais la modération à bien meilleur goût…

En tant que professionnelle, il est de mon devoir lors de mon évaluation nutritionnelle, de cibler les enjeux de mon client, afin de juger de la pertinence de la justesse de mes conseils. Parfois (mais pas tout le temps!), la notion de troubles du comportement alimentaires et de sport peuvent être liés et dans ce cas les conseils doivent être modifiés de sorte à ce qu’ils ne contribuent pas à cette problématique.

Voici quelques situations qui pourraient sous-entendre une relation problématique entre le sport et la nourriture :

-Vous prévoyez une plus longue course, ou vous dépensez volontairement plus de calories la journée dont vous avez un souper plus copieux de planifié

-Votre pesée matinale influence la distance ou la durée de votre exercice physique

-Vous vous offrez une récompense alimentaire chaque fois que vous accomplissez un nouvel exploit sportif

-Vous croyez profondément que vous êtes (ou serez) plus performant lors de l’atteinte d’un poids précis

-Vous êtes angoissés si vous devez déroger de votre plan alimentaire

-Vous vous entrainez même lorsque vous êtes énormément fatigués ou encore que vous êtes blessés

Sur ce, bonne course!

Rédigé par Geneviève P. Brien, DtP

Nutritionniste chez Nutri Sans Chichi

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Courir pour “brûler” les calories de surplus…WHATTT?!!

Aujourd’hui la nutritionniste idéaliste en moi décide de confronter une publication ayant eu 30 000 «j’aime» et 62 000 partages.

Beaucoup plus de gens souffrent d’un trouble alimentaire qu’on le croit. En un sens, cette publication encourage les comportements compensatoires. Les quoi? Oui, plusieurs personnes, suite à un «excès» (qu’il soit réel ou pas) vont aller courir de sorte à compenser ce qu’ils ont ingéré. D’autres ne mangent plus pendant des heures pour «compenser» ce surplus de calories.

Sans nécessairement souffrir d’un trouble alimentaire, « allo » le sentiment de culpabilité généré chez beaucoup de gens qui ont consommé des aliments plaisir sans être allés courir après! Bien joué… comme si on devait aller courir notre vie chaque fois qu’on fait plaisir à nos papilles gustatives de sorte à ce qu’on se sente mieux dans son corps… Et on nous fait croire que c’est pour la santé (soupir…).

Ce qui est également choquant de cette publication, c’est que tous les aliments présentés sont des aliments que la population générale qualifie de mauvais. Oui, il y a des aliments de meilleure qualité nutritionnelle que d’autres, j’en conviens. Il y a tout de même un principe de base à retenir: si je m’écoute et que je respecte mes signaux de faim et satiété, alors mon corps (et surtout ma tête!!) maintiendra son harmonie. Ce n’est pas vrai qu’on aura envie uniquement d’aliments transformés…notre corps connaît ses besoins. Pas besoin de se fier uniquement à notre tête et tous les principes diététiques entendus pour « bien manger ». Il y a une grande partie « naturelle » dans ce processus ancré en nous depuis des siècles!

Permettez-moi un petit bémol. Trop «bien» manger ne rime pas avec minceur assurée. Un smoothie avocat-triple blanc d’œuf-yogourt grec-banane-chia-kale-jus d’acai et tout le tralala peut facilement atteindre 700 calories (et la course qui vient avec si on veut le voir ainsi). Consommé juste parce que c’est santé et que c’est in peut tout aussi bien représenter un excès. (À ce sujet, jetez un coup d’œil à l’article : 5 faux pas nutritionnels courants). Il faut se rappeler qu’une calorie fournit de l’énergie à notre corps et est nécessaire à son bon fonctionnement. Il est totalement absurde de soutenir que chaque calorie ingérée doive être « brûlée ».

Bref, revenons à notre image choc qui en a fait réagir plus d’un. Je suis consciente que n’affecte pas tout le monde. Par contre, sur le million et quelque de gens qui suivent la personne qui a partagé ces images, ça a dû en blesser des centaines et ça ancre encore une fois le principe de culpabilité alimentaire qui peut avoir des conséquences désastreuses sur la santé mentale…et même physique.

Écrit par Geneviève P. Brien et Stéphanie Thibault

Nutritionnistes chez Nutri Sans Chichi

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J’ai honte de manger en public. Je suis grosse.

« J’ai honte de manger en public Je suis grosse.Et les grosses, on analyse le contenu de ce qu’elles

ingurgitent, toujours avec une petite arrière pensée en tête.

Si je prends une salade, pas nécessairement parce que je me sens obligée, simplement parce que j’en ai envie, j’entends les autres penser tout haut : “Bah, c’est ça, me semble qu’elle mange de la salade, elle, pour être de même. ”

 

Si je choisis un repas moins nutritif, voire carrément junk, ben là, tu n’imagines pas à quel point on me juge. Des lames de couteau dans les yeux des autres clients du resto, je te dis. « Ben oui, c’est ça, continue de manger ma cochonne, comme si t’en avais besoin ! »

 

Je ne sais plus ce que je peux manger en public sans jugement. Comme s’il n’y avait pas de choix neutre. Un sandwich, pain multigrains, ça irait ? Ah non, c’est vrai, les féculents ne sont pas faits pour celles qui ont du poids à perdre. Pis en plus, ça contient du gluten. Je ne suis pas certaine de ce que c’est, mais je sais qu’il faut se tenir loin de ça. La fille du gym, la toute petite, l’a dit.

 

Je suis fatiguée d’être gênée de mon poids, de ma personne. J’aimerais me mettre au sport, mais si tu savais comme je redoute le regard des autres au gym, si tu pouvais comprendre. Parce qu’on dira ce qu’on voudra, tant que tu n’as pas été grosse, tu ne peux pas savoir. J’ai pensé au jogging, pas besoin d’aller au gym. Mais j’imagine déjà on gros derrière que les automobilistes verront se dandiner, avec moi, toute suante et haletante…non merci. Je vais me passer de cette source de jugement supplémentaire.

 

J’ai honte à chaque fois que j’entends parler de « l’épidémie d’obésité », honte parce que j’en fais partie. Je me sens impuissante devant cette montagne de kilos que je traine depuis…mon dieu… depuis si longtemps. Ma mère me les a légués je crois, on est tous ronds chez nous. Même les hommes. Mais ça, ça a l’air que c’est moins pire. Je ne suis pas en train de m’apitoyer sur le sort de mon hérédité, détrompes-toi !! Je sais que si on est gros, c’est de notre faute. Mange moins, bouge plus. Paraît que c’est simple de même. »

Tu sais, je reconnais ta souffrance et même si je n’ai pas souffert de problèmes de poids, le jugement des gens sur le poids, je connais bien. Plusieurs personnes se sentent comme toi et tu sais quoi, des personnes de tous les poids. Oui, oui, plusieurs se sentent surveillées par rapport à ce qu’elles mangent ou ne mangent pas…tu n’es pas la seule à te sentir ainsi. Je ne dis pas cela pour diminuer ta souffrance, mais bien pour te rassurer sur ce fait : tu n’es pas seule.

Tu as raison d’être fatiguée de tous ces jugements, de tous ces stratagèmes à mettre en place simplement pour manger en public…ce n’est pas normal. Ce n’est pas toi qui n’est pas normal, c’est cette relation malsaine avec la nourriture et, si je peux me permettre, avec ton image que tu entretiens qui méritent d’être améliorés. Fais-toi ce cadeau.

J’ai souvent entendu dire qu’on pouvait décider de « se foutre » (pardonne le ton familier) de l’opinion des autres, mais je t’avoue y croire moyennement. Je suis plutôt de celles qui croient qu’avec un long travail sur soi, on peut arriver à mettre de côté ces jugements ou ce que l’on peut interpréter comme tels. Des commentaires gratuits, il risque d’en avoir encore. Mais on peut travailler sur la façon dont ceux-ci nous atteignent. À ne pas confondre avec le « je m’en foutisme », ne t’inquiète pas !

Je suis de ton avis quand tu mentionnes qu’à croire le discours populaire, perdre du poids se résumerait aussi bêtement qu’à manger moins et bouger plus. Mais on le sait, c’est plus complexe que cela… Plusieurs facteurs influencent le poids d’une personne, et plusieurs facteurs influencent la santé d’une personne. Dont le poids. Mais il s’agit d’UN facteur parmi tant d’autres et je crois que nous perdons de vue cette notion, ma foi, tellement, importante.

En terminant, j’aimerais te dire quelque chose qui, j’espère, ne te vexera pas. Je crois que tu as raison quand tu mentionnes que certaines personnes jugent le contenu de l’assiette des autres. C’est la triste réalité, alimentée (sans mauvais jeu de mots) par cette ère d’ultra-informations nutritionnelles. Mais as-tu remarqué que les gens qui scrutent les autres sont souvent celles qui entretiennent justement un rapport moins sain avec leur propre alimentation ? En d’autres termes, si tu es bien avec ton assiette, pourquoi irais-tu vérifier celle des autres ? Assez inutile, merci !! Alors j’ose soulever le fait que peut-être toi aussi portes-tu un jugement négatif à l’égard de ce que tu ingurgites ? Sur ton propre poids ? Y aurait-il matière à réflexion ?

Tout le monde a le droit de manger des aliments variés, peu importe leur apparence physique. Point.

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La désinformation en nutrition…quel casse-tête!

Cela fait un bon moment que nous avions envie d’écrire sur le sujet. Mais il s’agit d’un sujet qui comporte tellement de ramifications et qui, on l’avoue, nous tient tellement à cœur (trop?) que nous repoussions le moment de l’affronter. Today is the day!

La désinformation en nutrition, c’est-à-dire toute la bouillie d’infos contradictoires qui circulent sur le net, dans les livres grand public d’auteurs peu crédibles, de notre 3e voisin qui s’est miraculeusement guéri du cancer par une plante, etc. Colossal n’est-ce-pas? Et, à notre humble avis, certainement l’une des causes majeures des problématiques de poids et de troubles alimentaires.

Voici pourquoi, en 5 points :

1) Nous sommes naturellement attirés vers les personnes de belle apparence ou les témoignages touchants qui nous ramènent à nous

Des comédiens (on répète : COMÉDIENS) qui ont trouvé le St-Graal alimentaire? LA façon de repousser la maladie et de mincir? Désolée, mais non. Parce que premièrement, il n’y a pas UNE réponse unique et deuxièmement, la formule de l’un n’est pas applicable à tous.

Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’une personne accomplit des exploits sportifs, qu’elle a une apparence physique dont vous rêvez et qu’elle est populaire qu’elle puisse donner des conseils nutritionnels à la population. Vous inspirez à mieux vous alimenter? Tant mieux! Mais de grâce, restons-en là.

2) Tous les lecteurs n’ont pas reçu une formation universitaire scientifique

Et quand on voit à quel débit les « études » sur des sujets aussi sérieux que l’autisme, le cancer, l’obésité et autres circulent, ça devient un problème d’envergure. Maintenant, n’importe qui peut faire des recherches dans les moteurs de recherche scientifiques (du type Pub Med) et tirer des conclusions sans, malheureusement, avoir le bagage de connaissances pour le faire. UNE étude ne veut rien dire.

Il y a certainement une étude qui stipule que les personnes qui se lèvent à 5h le matin et qui prennent un café double crème ont des meilleurs résultats en maths. Un non-sens, n’est-ce pas?! Alors les études prises de manière isolée/ réalisées sur un petit nombre de personnes/ servant les intérêts d’un groupe NE SONT PAS des bonnes sources. Malheureusement, des journaux avec pourtant une solide réputation font quotidiennement référence à de telles études. Pour faire réagir la population? Possiblement.

Avant d’émettre des nouvelles recommandations, plusieurs experts dans le domaine doivent compiler des dizaines, voire des centaines d’études qui vont dans le même sens et en vérifier la validité. On répète : UNE étude, surtout lorsqu’elle est servie au grand public, ne doit pas vous faire sauter aux conclusions.

3) On aime se faire confirmer nos propres opinions personnelles.

Vous trouvez étrange que les adultes « soient les seuls mammifères à boire du lait d’un autre mammifère »? (phrase de l’heure). Eh bien parions qu’à chaque fois que vous lirez un article qui met en garde la population contre le lait de vache et ce, PEU IMPORTE LA VALIDITÉ SCIENTIFIQUE DE CELUI-CI, vous le publierez sur votre fil d’actualité avec un petit commentaire du genre « Je le savais! ». C’est normal, l’humain aime avoir raison. L’intuition n’est malheureusement pas une science et le biais du lecteur est une entrave à la crédibilité de l’information vulgarisée. Ce qui veut dire que les « études » lues sur un site pro-quelques chose ou anti-autre chose ne sont peut-être pas réellement crédibles, qu’en dites-vous?

4) Certaines sources d’informations ont pourtant l’air teeeellllleeemment santé…

Certains magasins ou épiceries sont qualifiés «santé». Toutefois, ce n’est pas parce qu’un magasin vend des produits naturels, biologiques, et santé que tout ce qu’on y retrouve est adéquat et approprié pour vous.

Par exemple, malgré sa belle réputation, une épicerie peut encourager l’industrie de la minceur en encourageant la consommation de produits pouvant avoir des effets secondaires, non seulement sur le plan physiologique, mais sur le plan psychologique. Un exemple? Lorsqu’une de ces boutiques ose offrir gratuitement un coupe-faim (à l’achat d’un certain montant), vous croirez que le produit est sain et que c’est naturel de l’utiliser (histoire vraie, survenue l’an dernier!!).

C’est d’inciter les gens à se questionner sur leur apparence, d’encourager une perte de poids non naturelle et viable et de nuire à la relation qu’ils ont avec leur propre corps en interférant à leurs signaux de faim et satiété. Lorsque nous stipulions d’entrée de jeu que la désinformation encourage les problématiques du poids et des troubles alimentaires….

5) On ne sait plus où donner de la tête…

Finalement, avec toutes ces infos qui circulent, comment trier le vrai du faux? Ce qui s’applique à nous ou pas? Il est normal de prendre un peu de tout ce qui passe quand nous naviguons dans une bouillie d’informations qui se contredit et qui change aux décennies. Le beurre ou la margarine? L’oeuf, on peut en manger ou pas?? Souvent, rien n’est noir ou blanc. Repérez des sources crédibles qui ont fait le travail d’analyse de la crédibilité scientifique pour nous (merci à eux) et tenez-vous à jour.

Ah oui!! Un point 6!

6) La nutrition, c’est passionnant! Et tout le monde mange!!

Donneriez-vous un conseil en réadaptation physique? Probablement pas, à moins que vous ayez vous-mêmes eu recours à un professionnel en réadaptation physique. Pourtant, Pierre- Jean-Jacques ne se gêne pas pour donner leur opinion sur la nutrition…pourquoi? Parce que tout le monde mange! Donc on a chacun une expérience. Et c’est bien!! Mais rappelons-nous que l’expérience n’est pas une science.

À ce sujet, nous nous permettons de vous mettre en garde envers différentes personnes qui s’auto-clament « professionnels » de la nutrition en ayant suivi une formation NON RECONNUE sur le plan scientifique. Eh oui, vous avez pleins d’exemples en tête et nous aussi. Malgré toute la bonne volonté de vouloir vous aider à atteindre vos objectifs, il faut garder en tête que ce n’est pas parce qu’une personne a suivi quelques cours (parfois en ligne!) ici et là sur la nutrition qu’elle devienne une référence en la matière. Souvent, ces personnes vous aideront à perdre du poids mais vous le reprendrez pour la simple et bonne raison que les changements proposés seront drastiques, non compatibles avec votre vraie nature et tout simplement insupportables à long terme.

Voici des exemples de sites web intéressants et crédibles en matière de nutrition générale :

En conclusion, soyez vigilants non seulement à ce que vous entendez ou ce que vous lisez, mais faites attention aux informations que vous pouvez propager sans le vouloir. Ne vous laissez pas avoir par une publicité attrayante et prenez le temps des lire les petites lignes. Prenez un recul vis-à-vis la panoplie de conseils alimentaires et écoutez votre corps, celui qui est le mieux placé pour répondre à certains de vos questionnements.

Rédigé par Stéphanie Thibault, DtP et Geneviève P.Brien, DtP

Nutri Sans Chichi

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Savourer l’Halloween: mission possible

(Article rédigé pour le blogue d’ANEB)

Vous vous souvenez, enfant, l’excitation qui vous gagnait à l’approche du 31e jour d’octobre? Cette soirée magique où c’était le paradis des bonbons, croustilles et chocolats; où vous aviez le droit d’en manger d’énormes quantités et de vous coucher tard, le ventre rebondi de sucreries?

Plus les années ont avancé, plus vous vous êtes détaché -conventions sociales exigent- de cette euphorie à l’approche de cette soirée magique. Manger des tonnes de bonbons et ensuite aller au lit? Certainement pas. Peut-être que simplement l’idée de devoir cohabiter avec des petits sacs de friandises les jours précédents l’Halloween vous effraie…

Certaines personnes abdiquent le jour J et « se lâchent lousse » dans les gâteries, en ne pensant plus à rien; ni à leurs principes diététiques habituels, ni au lendemain. Elles vivent le moment présent, certes, mais teinté d’une culpabilité qu’elles étouffent avec plus de chocolat. Et le lendemain, elles resserrent l’étau afin d’effacer toute trace de cette soirée qui évoque maintenant plus de mal que de bien.

D’autres font tout ce qu’elles peuvent pour éviter le moindre contact avec les bonbons, ayant peur de perdre le contrôle et dévier de leurs règles. L’Halloween n’est pas un beau moment pour elles non plus.

Et il y a de ces personnes qui semblent très bien gérer la situation, c’est-à-dire qui en profitent et ne ressentent pas de culpabilité liée à cet excès ponctuel. Que diriez-vous de faire partie de celles-ci?

Oui mais… comment? Comment faire pour se permettre de manger des chocolats « cheaps », des jujubes « pleins de sucres » et des croustilles ordinaires? Est-ce réellement possible d’en manger sans se sentir mal dans son corps et dans sa tête par la suite? Tout à fait. Mais ça prend de la pratique.

 

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