Respirer, manger, boire : 3 besoins primaires qui ne méritent aucune réflexion, ni effort : on le fait, cela va de soi. Toutefois, 1% de la population mondiale n’ont pas cette capacité de manger et boire innocemment : chaque bouchée est un véritable combat interne.

Coup d’œil sur l’anorexie mentale, la psychopathologie récoltant le plus haut taux de décès, en raison de suicides ou de la sous-alimentation.

L’anorexie mentale se subdivise en 2 classes : l’anorexie de type restrictive et l’anorexie avec purge. On l’appelle anorexie « mentale » par opposition à l’anorexie que l’on retrouve dans les cas de perte d’appétit sans désir de perte de poids, par exemple chez une personne très âgée. Rien à voir avec le sujet de ce billet de blogue.

Les (3) critères de l’anorexie mentale sont bien définis dans le DSM-5, manuel de référence en psychopathologies.

  • Restriction alimentaire, conduisant à un poids corporel significativement bas en fonction de l’âge, du sexe, de la trajectoire développementale ainsi que de la santé physique.
  • Peur intense de prendre du poids ou de devenir gros, ou comportements persistants allant à l’encontre de la prise de poids, alors que le poids est significativement bas.
  • Altération de la perception du poids ou de la forme de son propre corps, influence excessive du poids ou de la forme corporelle sur l’estime de soi, ou manque persistant de reconnaître la gravité relative à la maigreur actuelle.

Auparavant, s’ajoutait à cela la perte de menstruations, mais ce critère fût retiré en raison des contraceptifs oraux et stérilets qui biaisaient le cycle menstruel des femmes et la présence de garçons qui, bien que plus rare, peuvent être atteint de cette maladie.

L’apparition de la maladie

La personne anorexique va toujours restreindre drastiquement son alimentation, mais, contrairement à la croyance populaire, elle continue de manger. On croit souvent à tort que la personne anorexique ne mange pas : cela n’est pas vrai! Elle mange certains aliments, dont la liste diminue au fil de l’évolution de la maladie. Typiquement, les viandes et les aliments moins nutritifs (grignotines, desserts et boissons renfermant des calories) sont les premiers aliments à être retirés de l’alimentation.

Un des principaux problèmes réside à cette étape, selon moi, ou la personne sera encouragée par ses proches, pensant qu’elle « fait attention » à sa santé. Le trouble alimentaire tisse sa toile sournoisement.

Ensuite, plusieurs règles et rituels s’ajoute, plus pou moins consciemment. Par exemple, la personne peut s’imposer un délai minimal à respecter entre les repas, ou un ordre précis dans l’assiette (commencer par les légumes et boire un grand verre d’eau au début du repas). Le but est toujours de diminuer son apport alimentaire dans le but de 1) perdre du poids et 2) ne pas en reprendre. Étrangement, plus le poids diminue, plus la personne craint d’en reprendre…là est le cercle vicieux de l’anorexie.

Assez fréquemment, il y a augmentation du niveau d’activité physique (ce qui diminue toutefois si la personne atteint un poids dramatiquement faible, faute d’énergie) et diverses règles ayant pour but d’augmenter la dépense calorique du corps s’installe. Vous verrez rarement une personne anorexique assise paisiblement à ne rien faire; elles sont plutôt constamment en mouvement.

Lorsqu’il s’agit de jeunes qui résident avec leurs parents, ces derniers rapportent fréquemment avec enthousiasme le fait que leur enfant ait un intérêt marqué pour la cuisine, voyant cela de bon augure. Hélas, cela est un point commun chez tous les anorexiques, qui prennent sournoisement (et souvent inconsciemment) le contrôle de la cuisine et de l’épicerie de la famille. Elles mangent parfois « par procuration » en cuisinant des desserts décadents pour ses proches sans y goûter, prétextant je ne sais trop quel motif.

La différence entre l’anorexie de type restrictif et l’anorexie avec purge

Certains anorexiques contrôlent leur poids « uniquement » via la restriction énergétique (en diminuant de plus en plus leurs apports alimentaires) et d’autres ont parfois recours aux vomissements provoqués. Dans ce dernier cas, il ne s’agit pas de boulimie, même si la personne se fait vomir : les critères diagnostiques de la boulimie exclue en effet la présence d’anorexie mentale. La personne anorexique peut se faire vomir pour se soulager d’une de trop-plein ou aliment parce qu’elle se sent coupable d’avoir mangé un certain, ou une certaine quantité d’aliments.

Est-ce-que l’on peut s’en sortir?

La réponse est oui, mais cela est un combat ardu teinté d’ambivalence. Malheureusement, comme dans bien des maladies, la personne doit d’abord VOULOIR s’en sortir. Cela peut paraître étrange, mais l’anorexie a quelque chose de très confortable, connu et rassurant. Comme l’isolement social est de plus en plus présent, la maladie peut devenir une sorte de « compagnon », au sens figuré.

Une équipe de professionnels qualifiés en traitement des troubles du comportement alimentaires est nécessaire afin de surmonter une telle maladie et de prévenir les « rechutes » ultérieures. L’alliance psychologue, nutritionniste et médecin de famille semble être la plus prometteuse en ce qui a trait à la guérison. Dans certains cas, l’aide d’un travailleur social peut être nécessaire pour accompagner la famille de la personne.

 

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